A l’époque du conte des comptes du comte

Au début du troisième millénaire des Chrétiens, peu après l’avènement de l’Internet, l’Homo institore s’est cru dans un conte de fées alors qu’il entrait dans un compte de vampires. Un Californien, le Comte Google, parvenait déjà à aspirer 30 milliards de dollars à l’économie planétaire, sans vraie concurrence que quelques écornifleurs sans réelle envergure.

Le comte entendait bien ne pas s’en laisser conter : il s’agissait d’éliminer les parasites propres à péjorer ses comptes. La grande époque des bals du vampire, appelés Google-Dance, était révolue depuis quelque années. Une fois de plus le comte a tenté l’impossible. Le vampire s’est assuré le compérage d’un panda afin d’éliminer les cuistres qui refusaient obstinément de verser leur dîme tout en abusant de ses erreurs de calcul. La télémanipulation était délicate ; il s’agissait de bannir les pairs avares des gros contributeurs sans commettre d’impairs.

Le souvenir, ancien, d’un bal où toute la planète Internet s’était noyée dans le Bourbon était encore vivace et le comte a procédé cette fois-ci, pas à pas, par paliers géographiques. Le panda a visité le pays d’origine du comte avant de s’embarquer pour l’Europe par le Royaume-Unis, le temps d’ajuster quelques manipulations pas toutes mathématiques. La francophonie allait sans doute, elle aussi, se trouver déchirée par le panda, à cette époque où le comte aveuglé par la cupidité commençait à s’en prendre à certains de ses compères de corbeille, autres que ses vagues concurrents potentiels. Une fois de plus les dégâts collatéraux l’ont emportés sur les bénéfices, de nouvelles failles ont été investies et une évidence s’est imposée : la perfection n’est pas un fruit de l’intérêt.

Si ce petit épisode des débuts de la civilisation Internet vous a été conté sur un ton sarcastique, en jouant avec les mots, ce n’est que pour souligner le cocasse de cette époque où les leçons de l’histoire ne portaient encore pas. Une époque où, une fois de plus, à un début de règne brillant allait succéder le lamentable des excès, une époque où une fois de plus celui qui a été considéré comme, et aurait pu être, un Père des peuples s’est révélé n’être qu’un vampire assoiffé de pouvoir et de billets verts.

N’est-il pas amusant de se remémorer ces temps, aujourd’hui où chacun a enfin compris que son propre confort dépend de celui des autres, tous les autres ? Ces temps où toutes les tentatives d’imposer un ordre égoïste sombraient dans le désordre ? Cette époque technologique où l’algorithme de la raison n’existait encore pas ?

Cet article vous est proposé par aLeresche

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