Philippe Yonnet, Panda en questions

On peut lire tout et n’importe quoi sur la mise à jour Panda. MoteurZine a donc décidé d’interpeller Philippe Yonnet, expert en référencement, pour répondre à nos questions concernant Panda. Précisons que Philippe est idéalement placé pour parler du sujet en tant que Directeur SEO International de Twenga.

En tant qu’expert en référencement, à votre avis, est-ce que Panda est actif en France ? Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer cela ?

Non, rien n’indique que Panda soit déployé en France. Google a officiellement indiqué où l’algorithme a été déployé (Les USA, le Royaume Uni, les autres index de langue anglaise). Et le déploiement sur les autres pays n’a pas encore eu lieu. Matt Cutts a parlé de plusieurs semaines d’attente, voire deux mois il y’a quelque temps déjà.

Je n’ai pas eu vent de groupes de sites français notoirement ciblés par l’algorithme Panda et ayant connu de fortes chutes de visibilité ou de trafic ces jours-ci. Et je ne vois rien de tel dans les données auxquelles j’ai accès.

Ce qui ne veut pas dire que des sites n’ont pas chuté lourdement ces derniers mois. Car si l’on compare les positions de mois à mois sur un grand nombre de d’expressions clés, on repère de nombreux sites ayant subi de fortes hausses ou de fortes baisses de visibilité à chaque fois. Ce « vibrionnage » est constant. A un point tel que certains changements d’algorithmes ne réussissent pas toujours à être visible dans ce « bruit » (comme la mise à jour Vince l’an dernier). Par dessus tout cela, Google peut aussi changer d’un mois à l’autre certains réglages de son algorithme. Mais il faut distinguer ces changements « classiques » des changements apportés par Panda.

Bref, il ne faut pas voir des Pandas partout, même s’ils fleurissent sur des affiches au coin des rues ces jours-ci.

En réaction à l’article de David Degrelle de 1ère Position, est-ce que Google Trends est fiable ?

Tous les sites donnant des statistiques s’appuyant sur des extrapolations à partir d’échantillons d’utilisateurs donnent des résultats plus ou moins biaisés. Google Trends n’échappe pas à la règle. Donc il faut prendre les informations de ces outils avec des pincettes, et les recouper.

Vous connaissez bien le marché anglophone, pouvez-vous nous dire pourquoi Google agit de façon différente pour ses mises à jour ?

C’est vrai que Google a toujours tendance à lancer ses changements d’abord sur l’index américain, puis sur les index anglophones, puis sur tous les autres pays ou langues (en une seule étape ou progressivement). Parfois, on peut interpréter cela comme une simple conséquence du fait que Google est une entreprise américaine, et que cela influe sur ses priorités. Les marchés anglophones constituent de toute façon, objectivement, une part importante des revenus de Google.

Mais s’agissant de Panda, on est dans un autre type de cas je pense : le web est beaucoup plus concurrentiel sur les marchés anglophones en général, et américains en particulier. Le webspam est aussi beaucoup plus « extrême » sur l’espace anglophone. La qualité des SERPs s’en ressent, et Google a fait l’objet de critiques acerbes ces derniers temps. Ce n’est pas nouveau, mais cela avait pris une tournure quasi intolérable, et Google a choisi un mode de réponse drastique avec Panda pour éliminer le webspam et visiblement aussi tout ce qu’ils considèrent comme « gênants » dans les résultats.

Logiquement, traiter les SERPs anglophones a donc été probablement jugé comme une priorité.

Est-ce que vous pensez que Google peut nous mentir ouvertement sur sa communication (dire que Panda arrive en juillet alors qu’il aurait été en place dès avril) ? D’autre part, comment se fait-il que les webmasters français ont plus de difficultés à communiquer sur leurs statistiques ?

Non, je ne crois pas une seconde que Google se permette de jouer avec ce genre d’infos. C’est trop risqué pour leur communication, et quel bénéfice réel pourraient-ils tirer de cacher une telle chose ? Au contraire, on voit bien que Google a communiqué avant, pendant et après Panda aux US, pour expliquer qu’ils travaillaient sérieusement sur ces questions de qualité des résultats et pour éradiquer leur webspam. Je pense qu’ils ont intérêt à montrer au contraire qu’ils agissent en France aussi, et pour faire passer des messages (comme ils font d’habitude) : « ne copiez pas ces sites, vous voyez bien que cela ne donne plus les résultats escomptés ».

Par ailleurs, je ne pense pas que les webmasters anglais ont moins de « pudeur » à communiquer leurs statistiques interne. Par contre, les spécialistes du netmarketing anglo-saxon n’hésitent pas à aller chercher les données de sources comme Compete, Comscore, Nielsen, Hitwise etc… pour se faire une idée de l’état du traffic chez les concurrents, même si cela coûte un peu d’argent. Les évolutions sont plus transparentes pour tout le monde grâce à cela avant tout.

Rappelons au passage que les chiffres qui ont été diffusés aux USA et au Royaume Uni à propos de Panda ont été en général des chiffres concernant la visibilité, et mesurés de manière extérieure, et assez rarement des statistiques internes communiqués par les propriétaires de site.

Cet article vous est proposé par Chris Hédé

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